Toerau - Paris 1980 - Huile sur toile 116x89 cm © Vaea Sylvain ¥ Contact
Le parti pris de présenter toutes les oeuvres de Vaea même les études et les "oeuvres intermédiaires" nous permet de suivre le travail de l'artiste et de mieux appréhender la genèse d'une oeuvre. Bruno Gilbert
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PREFACE DE PAUL EMILE VICTOR POUR EXPOSITION HOTEL de VILLE de NEUILLY - 1995 "Lorsque je suis arrivé la première fois en Polynésie Française, il y a... (déjà) plus de 30 ans, y vivaient quelques peintres. Leurs œuvres étaient souvent acquises par des acheteurs qui craignaient de "louper un nouveau Gauguin"... ! Depuis, les peintres se sont multipliés. Nombreux sont les popa'a (les blancs, les Européens), mais les peintres locaux, originaires du pays sont venus s'ajouter à la foule. De cette foule, (et je ne compte pas les peintres de "l'extérieur" qui ne viennent à Papeete que pour exposer), rares sont ceux qui ont émergé. Parmi ces derniers, Vaea est dans les tout premiers. Elle accumule gentillesse, intelligence, talent (et quel talent !) et beaucoup d'autres qualités, dont l'une, qui, pour moi est importante : elle est tahitienne. Paul-Emile VICTOR - Bora-bora, 1990
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PREFACE DE MICHEL POLAC POUR EXPOSITION "ART 3"
C'est une redoutable épreuve pour un tableau que d'être accroché sur un mur où il sera vu tous les jours. (Les Japonais eux déroulent une œuvre pour une semaine et la rangent dans un coffre ensuite). C'est un risque que je ne fais pas subir inutilement à mes amis : chez moi, les murs sont nus à l'exception de trois tableaux dont un de Vaea, daté de 1973, et qui a vaillamment supporté d'être dévisagé quotidiennement. Il s'agit d'une toile bleutée où des jumeaux, chacun dans son œuf, semble attendre le décollage pour un voyage intersidéral ou pour une mise au monde : quelque chose comme la dernière image de "L'Odyssée de l'Espace". Mais depuis lors, Vaea a cessé d'errer dans un éther glacé et intemporel : son Odyssée l'a ramenée sur la Terre ancestrale au vert paradis des amours tahitiennes. Vaea, c'est la glace et le feu : la froide métaphysique slave et la chaude animalité polynésienne exactement mes deux fascinations contradictoires. Michel POLAC - Paris, 1976 |
TEXTE DE ROGER VADIM PARU EN 1985Quand on parle peinture, TAHITI est synonyme de GAUGUIN. Il serait paradoxal que le public et les critiques qui ne reconnurent jamais, de son vivant, le talent de l'exilé breton, méconnaissent au nom du génie défunt des peintres qui, aujourd'hui, devraient marquer leur époque. VAEA n'est peut-être pas le seul peintre né aux Iles sous le Vent qui mérite d'échapper à l'ombre du géant mais c'est celui qui m'a le plus impressionné. Je devrais dire " celle " puisque VAEA est une femme. Malgré son jeune âge, son œuvre s'étale sur plus d'une décennie. Un talent insolite, onirique, exotique, érotique, unique. Tout cela rime fort bien. Elle a créé un univers où chaque rencontre est une surprise : enfants aux yeux d'adultes, femmes élancées et terriennes dansant le rêve et le péché dans un ballet parfois inquiétant où la grâce est toujours invitée. Son œuvre est habitée de l'obsession du berceau et du lit où se mêlent fantasmes et parfois l'amant masqué, la femme brune et bleue, la blonde sévère, la fillette vêtue d'éternité. Son inspiration poétique qui balance de l'âme à la chair est ouverte à l'avenir, à la mort, au bonheur. L'oiseau de fin du monde est blanc. Chez VAEA tout est lascif. Ses personnages attendent l'amour. L'enfant sur le sein de sa mère est chargé d'érotique innocence. Pourtant, d'une subtile façon, son propos est aussi féministe. VAEA échappe aux clichés du folklore, du charme et de la sensualité pour aborder l'angoisse de la femme dans un contexte qui dépasse de loin les gracieuses " vahine " souriant, languides, sous les cocotiers. Raz de marée de l'improbable - sûrement pas de l'impossible - la mer envahit la dormeuse, le lagon qui se passe des bleus et des verts hors-commerce refusés aux autres océans, se glisse sous l'oreiller. Un des tableaux de VAEA m'a semblé très personnel. C'est une femme sous un drap, le visage est en partie découvert. On comprend à l'élégant plissé du drap protecteur que ce n'est pas un cocon, ni une matrice, plutôt une armure habillée de sillons ésotériques difficiles à décoder. La femme dort. Elle attend qu'on la comprenne et qu'on arrache le drap. Elle semble penser que personne n'aura jamais ce courage. Elle est belle VAEA. Ses longues jambes, sa taille fine, ses yeux pers, captivants, son buste d'androgyne sont la preuve que la beauté se marie fort bien au talent, au courage et à l'intelligence. Je rêve d'un jour où j'aurais une grande maison. Et dans cette maison un mur. Et sur ce mur le tableau d'un peintre célèbre. Et mes amis me diraient, impressionnés : "C'est un Vaea ?" Roger VADIM - Tahiti, 1985
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TEXTE DE ROLAND TOPOR"Vaea, un mélange vrai de sens critique et de déconnage." Roland TOPOR - Paris, 1982
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PREFACE EXPOSITION - L'ERMITAGE Los Angeles Her talent is extraordinary beyond doubt, a gift of God or Nature. Sir Robert BOLT - Tahiti, 1988
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Extrait d'un interview de Pierre MAZEAUDLE " FAUCIGNY " (6 mai 1999) (...) Toujours un peu austère, le décor du bureau du Conseil Constitutionnel s'est égayé. Au milieu des reproductions du " Quatrocento " italien et de ses sempiternelles photos dédicacées de Chirac et de Debré, une femme en tunique verte apporte une touche exotique au-dessus de la cheminée : " Bora-Bora 83 "... - Je croyais votre amie photographe. Elle peint aussi la Polynésie ? - Oui, un peu. Vous aimez ? - C'est bien. Une vraie peinture. Pas un simple barbouillage du dimanche... (...) Pierre PLANCHET - Paris, 1999 MADAME FIGARO Depuis Gauguin, ses femmes tranquilles en paréo et ses paysages polynésiens, personne n'avait joliment parlé de Tahiti : Vaea renoue avec l'élégance du dessin, la magie des couleurs. Véronique PRAT - Paris, 1982
FRANCE SOIRElle se nomme Vaea, elle est Tahitienne, jeune et belle. Elle est peintre et elle a beaucoup de talent. Elle expose à Paris. Courez-y. C'est remarquable. Paul WERMUS - Paris, 1982
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LETTRE DE WALTER BONATTI - Traduction I. Chiari Dubino, 12 avril 2003 Chère Vaea, Comme toutes tes représentations picturales, même celle-ci, splendide, affirme et entrelace les sentiments les plus délicats. Toutefois quelque chose de nouveau ressort en transparence , et je me demande si cela est dû au hasard ou non pas plutôt à un inconscient secret. Je prefère la deuxième option, comme si ton instinct intime avait perçu qu'un jour, Pierre et moi aurions déchiffré le profil de " notre " Mont Blanc à l'intérieur de ta peinture. Finalement, ta " Femme ensevelie " est enveloppée dans le manteau candide du Mont Blanc, et dans son profil on peut reconnaître, de gauche à droite, l'Aiguille Noire de Peuterey, les Dames Anglaises, l'Aiguille Blanche de Peuterey, le Col de Peuterey, l'Arête de Peuterey, le sommet du Mont Blanc ; et enfin de celui là la crête qui descend vers le Col de la Brenva. Tout est extraordinaire, Vaea, toi avant tout. Je t'embrasse avec toute mon affection. Walter Bonatti
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JEAN-LUC CHALUMEAU POUR ARTSVaea vient de Tahiti. Mais est-il bien nécessaire de donner ce genre de précision qui, irrésistiblement, invite à comparer ses tableaux à ceux de l'Ermite d'Atuona ? Le parcours de Vaea ne s'est pas fait de Pont-Aven vers les îles chaudes, mais de ces dernières, où elle vit parce que cette ville demeure l'un des deux ou trois endroits du monde où tous les peintres, d'où qu'ils viennent, sont chez eux. Vaea est chez elle à Paris et plus encore dans la peinture dont elle connaît les ressources en technicienne douée. Son exposition prouve avec surabondance sa virtuosité dans le "rendu" d'une étoffe ou d'un visage, dans l'appréhension de la grande lumière solaire traversant des feuillages... Mais là n'est pas l'essentiel bien sûr. A travers ses thèmes emprunts de banalité, et malgré le charme qui arrête le visiteur pressé, Vaea fait tomber les masques et la facilité s'estompe. Le peintre pose un regard lucide sur un monde dur, un regard assez vaillant pour tout voir parce qu'il se sait sauvé par la joie de peindre. Jean-Luc CHALUMEAU - Paris, 1982
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