Vaea.biz - Articles de presse
Las Provincias
LAS PROVINCIAS (30 mayo de 1972)
« REGALO DEL VIENTO »

Tana se presentó la otra noche en la redacción. Tana nos invitaba a que visitáramos el barco « Gift of the wind » (“Regalo del viento”), en el que viaja el conjunto musical del mismo nombre. La cita se concertó rapidámente : « Entrando al puerto, a la izquierda. Eso es. Donde están las grúas. El barco lleva dos mástiles. Es blanco. » Total, una hora recorriendo todos los muelles. Nunca me había fijado en el gran número de grúas portuarias, ni en la desmedida afición a las embarcaciones blancas. Ya estábamos desesperados, de ir de aquí para allá, cuando descubrimos a Tana en una bicicleta. « Ya no os esperaba. »
Es alta, delgadísima, con un encanto especial en su rostro anguloso. Se excusa : « Es que han quitado los mástiles. Y además, « Gift of the wind » no se ve desde tierra. »
Ha sido una peripecia divertida. El obstáculo del reportaje ha consistido, nada más y nada menos, que en atravesar tres cargueros abandonados, subiendo y bajando por los sitios más inverosímiles, hasta deslizarse por una cuerda, única forma de salvar distancias. Y allí, al final, como olvidado, voluptuoso en pleno mar y pleno sol, « Regalo del viento », con el mundo insólito, libre y hermoso de un grupo de jóvenes que componen, cantan y viajan por el Mediterráneo.
Por la escotilla entra un haz luminoso que da de pleno en el puchero repleto de flores silvestres ; de esas flores amarillas y lilas que crecen entre las rocas de la escollera. Junto al puchero, bandejas de mimbre con fruta, un botijo, vasos y cigarillos. Tana, que es fotógrafo de revistas alemanas y francesas, me presenta a sus amigos. Vaea Sylvain nació en Tahiti y hace gala de una belleza exótica ; Vaea se encarga de mantener el ritmo con la percusio del darbuka. Ellos son todos rubios, todos con ojos claros – azules o grises – y todos llevaban barba ; Olivier Bloch-Lainé, Doc Robinson, Eddy Tuleja y Bookie Binkley son norteamericanos ; Ronnie Bird y Victor Kornacki, polacos ; Victor, ademas, es el patrón. Cantan, tocan admirablementa las guitarras. Han editado tres discos : « Boffa Longo », « Beyond your head » y « King Harvest ». Y en Londres, Julien Reynold, el « public relations », ya les ha concertado nuevas grabaciones. « Ahora iremos a Inglaterra, pero en seguida volveremos al Mediterráneo. Lo vamos a recorrer todo. Actuaremos, compondremos…”
Nos obsequian con café y con conciones. « Regalo del viento » está en periodo de restauración. Dentro de dos semanas, sus mástiles se alzarán de nuevo y también estrenará velas. « Marrones, porque es un color que nos gusta, y porque el sol no deslumbra. »
En la cocina, salchichones colgando del techo, una cesta con huevos ; y otra, con panes. Muchos cacharros de cerámica popular utilizados como candelabros. « No tenemos luz, pero sí muchos cirios. »
La musica es de todos. Cuando uno se siente inspirado lo manifiesta y los demás aprueban o desaprueban. Apenas se balancea el barco. Las literas están hechas. Las muchachas guardaron sus vestidos en unas perchitas que cubre una cortina. « Todos trabajamos. Todos sabemos guisar » Ríen alegremente, y a mí se me antojan que son felices. En el muelle tienen dos coches y motocicletas para desplazarse a la ciudad. « Pero preferimos el mar. »
“Regalo del viento”, como un sueño loco de juventud.
M.a ANGELES ARAZO (Fotos Penalba)


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (7 Octobre 1976)

Le père et la fille exposent à Paris
" Tel père, telle fille ", dit approximativement le proverbe.
En ce qui concerne le talent, au sein de la famille SYLVAIN, le proverbe a raison. On connaît les talents de photographe du père, on connaît moins ceux de peintre de VAEA, la deuxième fille de SYLVAIN, ils sont pourtant réels comme en peuvent juger les parisiens qui visitent l'exposition " La France des quatre coins du monde ".
Les Sylvain y exposent en effet, l'un des photos de vahine (" les Tahitiennes de SYLVAIN "), l'autre des tableaux. Ceux-ci occupent tout un panneau au stand de la Polynésie. Précisons que Vaea SYLVAIN expose régulièrement dans une galerie parisienne où ses œuvres ont beaucoup de succès.
Michel ANGLADE
Affiche exposition Palais des congrésAnémone Giscard d'Estaing et Vaea


PREFACE DE MICHEL POLAC POUR EXPOSITION "ART 3"

C'est une redoutable épreuve pour un tableau que d'être accroché sur un mur où il sera vu tous les jours. (Les Japonais eux déroulent une œuvre pour une semaine et la rangent dans un coffre ensuite). C'est un risque que je ne fais pas subir inutilement à mes amis : chez moi, les murs sont nus à l'exception de trois tableaux dont un de Vaea, daté de 1973, et qui a vaillamment supporté d'être dévisagé quotidiennement. Il s'agit d'une toile bleutée où des jumeaux, chacun dans son œuf, semble attendre le décollage pour un voyage intersidéral ou pour une mise au monde : quelque chose comme la dernière image de "L'Odyssée de l'Espace".
Mais depuis lors, Vaea a cessé d'errer dans un éther glacé et intemporel : son Odyssée l'a ramenée sur la Terre ancestrale au vert paradis des amours tahitiennes. Vaea, c'est la glace et le feu : la froide métaphysique slave et la chaude animalité polynésienne exactement mes deux fascinations contradictoires.
Michel POLAC - Paris, 1976
LA DEPECHE DE TAHITIEnergie vitale - Tahiti - 1973 - Encre - 46x34 cmLe Monde Expositions 27 janvier 1977


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE de TAHITI

Vaea, éclat feutré, paradoxe aux couleurs mordorées qui s'insinuent dans la trame de la création.
Elle ne peint pas Tahiti. Elle ne s'en inspire pas. Elle est !
Etincelle aux mille facettes, elle pose sur le corps sa tendresse agressive et restitue à travers son prisme un univers baroque et fascinant.

Jean DOMINIQUE, 1976
Cheval dans la têteAutera'a


PREFACE EXPOSITION ART 3
PREFACE EXPOSITION ART 3 (décembre 1976)

L'on peut avoir des indulgences pour les œuvres d'une ravissante femme fleur comme Miss Sylvain. Après l'avoir rencontrée et surtout vu un nombre important de ses œuvres, je vous dirais que Vaea est profondément inspirée, que son œuvre est une merveilleuse synthèse de rêve et de la beauté de Tahiti. Je lui souhaite le succès le plus sincère et je suis heureux que le Pacifique compte un peintre de talent de plus.

MICHOUTOUCHKINE


LA DEPECHE DE TAHITI (29 Décembre 1976)

C'est une redoutable épreuve pour un tableau que d'être accroché sur un mur où il sera vu tous les jours. (Les Japonais eux déroulent une œuvre pour une semaine et la rangent dans un coffre ensuite). C'est un risque que je ne fais pas subir inutilement à mes amis : chez moi, les murs sont nus à l'exception de trois tableaux dont un de Vaea, daté de 1973, et qui a vaillamment supporté d'être dévisagé quotidiennement. Il s'agit d'une toile bleutée où des jumeaux, chacun dans son œuf, semble attendre le décollage pour un voyage intersidéral ou pour une mise au monde : quelque chose comme la dernière image de "L'Odyssée de l'Espace".
Mais depuis lors, Vaea a cessé d'errer dans un éther glacé et intemporel : son Odyssée l'a ramenée sur la Terre ancestrale au vert paradis des amours tahitiennes. Vaea, c'est la glace et le feu : la froide métaphysique slave et la chaude animalité polynésienne exactement mes deux fascinations contradictoires.
Michel POLAC, 1976
LA DEPECHE DE TAHITIEnergie vitale


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (29 Décembre 1976)

Tel père, telle fille ! C'est vrai : le bon sang d'artiste de SYLVAIN père, photographe, n'a pas su mentir et a transmis à VAEA un talent certain de peintre. Les parisiens pourront d'ailleurs juger de ce réel talent puisque VAEA Sylvain expose dans quelques jours, du 12 janvier au 2 février à la Galerie ART 3, au 3, Avenue de Suffren.

On connaissait de Vaea les chansons et la voix (c'est elle qui chante la très belle musique du générique de TEVA, composée spécialement pour elle par le regretté François DE ROUBAIX), nous découvrons maintenant sa peinture. Et pour Vaea, la peinture, c'est une fenêtre, une porte de sortie ou d'entrée. C'est comme la vie.

Vaea ne peint pas de vrais paysages : ses toiles sont des paysages de rêves de la terre polynésienne au milieu desquelles évoluent des personnages détendus, les femmes cambrées à l'air libre, à la peau libre, une certaine nonchalance dans les gestes. Baignées de chaleur tropicale, les images, les formes sont traduites par des couleurs nettes, précises, à dominante du vert, du bleu et de feu, comme si la réalité s'était fondue avec le rêve.
Michel ANGLADE
Cheval d'or sauvageTiki ADN-ARN


FRANCE INTER

Une exposition à voir à la Galerie Art 3, 33 Avenue de Suffren, Vaea, une jeune artiste tahitienne qui n'a rien à envier à Gauguin.
Pierre BOUTEILLER, 1977


TEMOIGNAGE CHRETIEN
TÉMOIGNAGE CHRÉTIEN (Paris 1977)

Une jeune femme, Vaea, peint Tahiti. De l'art décoratif, un exotisme multicolore, une naïveté un peu surréaliste : un éclat de soleil au cœur de l'hiver.
Ariel GAINSBOURG


RADIO FRANCE INTERNATIONAL (Paris Février 1977)

Une voix, VAEA, née il y a 26 ans à TAHITI.
VAEA qui peint ce qu'elle voit, mais ce qu'elle voit, elle seule le voit.
L'atmosphère des êtres et des choses, le confluent du réel et de l'imaginaire, le choc de mille effets de couleurs crues. Des couleurs qu'elle a cueillies là-bas à MOOREA, et dont elle habille ses souvenirs et ses rêves.
Des paysages à la végétation folle qui se meurent dans le soleil, des corps nus dont les lignes nourrissent le sable et l'eau. Tout un pays, un climat, un chant à la douceur de vivre, à la douceur de rêver aussi. Des hommes-oiseaux, des corps de lune, une chaleur, celle de là-bas, celle de MOOREA, mais également la drogue d'ici, celle de Paris.
Edouard DOR


L'ECHO DU LAGON
L'ECHO DU LAGON (Paris Avril 1977)

VAEA, paraît-il, ne peint que depuis quatre ans. Eh bien, bravo ! Elle avait certainement un don irrésistible pour maîtriser en si peu de temps plusieurs manières et plusieurs palettes. L'étude et l'habileté n'ont rien gommé de ce don original ni d'un talent d'évocation qui fait transparaître à travers les sujets les plus divers les liens intimes de l'artiste avec la Polynésie. La Polynésie du feu et de l'eau, celle des couleurs ardentes et profondes, mais aussi transparentes et fluides, celle des tableaux apparemment innocents de la vie la plus simple et celle des images où la nature est sublimée par le rêve.
Le symbolisme des œuvres récentes semble ne plus résulter d'une recherche voulue, il émane des sources d'inspiration et affleure à travers une surface curieusement lisse et vernissée qui ménage pourtant des reliefs profondément contrastés.
On passe ainsi de la jolie maison sur pilotis où se précise une silhouette féminine à travers le savant filigrane d'un store, à la crique forestière dont le ciel absent est tout entier dans son reflet sur l'eau, au paysage à contre-jour où des enfants sortant du bain ruissellent d'eau fraîche et de soleil tandis que, plus loin, des baigneuses vertes évoluent dans la lumière aquatique des jardins sous-marins.
Quelques images frappantes et opposées forcent le souvenir, celle d'une aube glaciale et surprenante, traduite par quelques à-plats d'une rigueur polaire, celle d'un jaillissement solaire dont les feux flamboient sur fond turquoise tandis que semblent à la fois s'unir et combattre des formes de centaures dont le trait inachevé mais intact garde tout l'élan our et sûr de l'esquisse à jamais parfaite.
Françoise MARCHAND
Les Enfants BlancsMaison sur pilotis


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (17 août 1977)

Vaea, l'enfant prodigue prépare à Tahiti sa prochaine exposition à New-York.
L'enfant prodigue est de retour. Après deux années d'absence, la jolie Vaea SYLVAIN a retrouvé son fenua - ce pays de lumière qui est en elle et qui éclaire de toute sa beauté, chacune de ses toiles.
Depuis bientôt dix ans, Vaea vit à Paris. Son compagnon est le compositeur bien connu Olivier BLOCH-LAINE. Ensemble ils ont trouvé un style de vie stimulant et riche. Lui fait des disques au premier étage de leur grande maison. Elle, peint au rez-de-chaussée.
Pourtant, si chacun a son domaine, les chemins de la création se croisent parfois. Ainsi il n'est pas rare qu'Olivier compose sur un tableau de Vaea, ou que celle-ci mette en image une de ses musiques. Et comme tous deux sont " possédés " par le talent, les œuvres n'en sont que sublimées.
Peintre depuis cinq ans, Vaea SYLVAIN n'a cessé d'étonner par la haute qualité de ses toiles. La pureté y préside dans un jeu de couleurs remarquable. Tout est atmosphère et toujours animé d'une grande densité poétique.
Il y a quelque chose de très chaleureux aussi. De très humain. Même si les thèmes, relativement intimistes, prennent leur envol dans le fantastique voire le surréalisme. Car toujours Beauté et Vie se conjuguent en forme de symbole. Ou d'appel...
Ce réel talent, Vaea ne se l'explique pas, bien entendu. Et de fait, il ne supporte aucune introspection, il est là. Elle le porte en elle et le fait s'épanouir par un travail quotidien. La magie qui la pénètre s'occupe alors du reste.
Après le succès de sa dernière exposition, à Paris, à la Galerie " Art 3 ", au mois de janvier de cette année, Vaea SYLVAIN en prépare donc une autre. Elle se tiendra à New-York en avril 1978 et promet certainement de constituer un véritable événement dans le domaine de l'art sur le grand continent.
D'ici quelques jours Vaea va ainsi se mettre à sa palette. " J'ai déjà les doigts qui brûlent ", dit-elle avec le sourire de la passion. " Je vais trouver un coin de solitude. Cela m'est nécessaire. Ce sera sans doute à Huahine ". Et d'ajouter sur les mille projets qu'elle a dans la tête : " Je vais demander une prolongation à Dieu de 150 ans ! "
Michel ANGLADE
Les Enfants BlancsAutera'a


LE JOURNAL DE TAHITI
LE JOURNAL DE TAHITI (19 janvier 1977)

Vaea Sylvain expose à Paris
Vaea Sylvain expose ses œuvres jusqu’au 8 février dans une galerie parisienne : Art 3, avenue de Suffren. Le vernissage avait lieu le mercredi 12 janvier.
De nombreux amis, parisiens et tahitiens, de Vaea étaient venus la féliciter. Parmi eux, Jean Dominique (ancien directeur du Journal de Tahiti), qui dit de sa peinture : « Elle ne peint pas Tahiti. Elle ne s’en inspire pas. Elle est ! »
Jacques Martin et Mme Olivier Stirn étaient également venus à Art 3.
Depuis la première fois, il y a seulement quatre ans, où Vaea s’est essayée à la peinture, elle a brûlé les étapes. En janvier 1974, elle exposait à la Foire Internationale d’Art Contemporain à la Bastille, en septembre dernier à « La France aux quatre coins du monde » au Palais des Congrès et en décembre à la Maison des Arts de Créteil. Tahiti est bien toujours un lieu privilégié pour l’éclosion des artistes.
Michel Lefèbvre
Te Manu Ninamu ou l'oiseau bleuLe PartageLe ciel dans l'eau ou l'enfant et le cielCheval dans la tête


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE de TAHITI (22 janvier 1977)

Vernissage Vaea Sylvain à Paris
Il y avait beaucoup de monde, et du très beau monde, au vernissage de l'exposition de Vaea Sylvain le 12 janvier à Paris, à la galerie ART 3. Parmi les très nombreux invités, on reconnaissait quelques membres de la famille GISCARD D'ESTAING, Mme STIRN, le Ministre Jacques MEDECIN, Jacques MARTIN et bien d'autres membres du " Tout Paris ".
Inutile de préciser que cette exposition connaît un grand succès. Le lendemain du vernissage, dans l'émission de Pierre Bouteiller à France Inter, le chroniqueur spécialisé dans l'art et qui rendait compte de cette manifestation, devait dire que " cette jeune artiste n'avait rien à envier à Gauguin ".
Le mois derniers, Vaea a eu le plaisir de se voir décerner le Grand Prix International d'Art Contemporain de Monte-Carlo.
Son exposition à Paris, organisée par Mlle Yvette SAUTOUR, se poursuivra jusqu'au 2 février.
Michel ANGLADE


LE JOURNAL DE TAHITI
LE JOURNAL DE TAHITI (17 août 1977)

Vaea Sylvain est revenue au fenua pour peindre (1ère page)
Vaea Sylvain exposera l'an prochain à New York

Elle se voyait chanteuse, tâta de la musique puis rêva au cinéma. A vingt deux ans Vaea Sylvain exécuta son premier tableau. Elle le fit encadrer chez Winkler et des américains désireux de ramener un souvenir de Tahiti l'achetèrent. Vaea se souvient :
" Ils étaient entrés pour acheter des cocotiers. Moi je n'avais pas du tout peint des cocotiers mais ils sont repartis avec mon tableau. J'ai alors pris conscience que je pourrais vivre avec la peinture comme profession ".
Une profession et non un travail. C'est d'ailleurs là que réside une partie du succès de Vaea. Elle éprouve surtout du plaisir devant ses toiles qu'elle fabrique sans idée préconçue :
" J'équilibre, je déséquilibre, j'équilibre. Lorsque tout est équilibré et que je ne peux plus déséquilibrer, mon tableau est terminé " conclut-elle dans l'un des larges sourires qui lui viennent souvent sur le visage. Et c'est ravissant.
Beaucoup de monde aime en tous cas. Vaea Sylvain qui n'était pas rentrée au fenua depuis deux ans a été ravie de retrouver les couleurs de Tahiti. Elle passe ses loisirs à peindre. A Moorea ou Huahine car elle est trop sollicitée et tentée lorsqu'elle vit à Puna'auia. Elle avoue d'ailleurs :
" Je suis venue pour peindre ".
Mais il ne s'agit nullement de contrainte même si le succès appelle d'autres expositions. Ainsi Vaea exposera au " Salon d'outre mer " à Paris à Paris en novembre et pour la première fois à New York au mois d'avril l'année prochaine.

Légendes des photos (sans rappel des titres des tableaux) :
1) Sous le portrait : Vaea Sylvain : On se réjouit pour la peinture que la chanson et le cinéma soient restés des rêves.
2) " La femme et l'oiseau " : Comme une vierge tahitienne au bord de son lagon.
3) " Cheval dans la tête " : Des compositions riches en couleurs et en recherche.
4) " Tiki " : L'atmosphère des marae, qui était interdit aux femmes ressort de ce tiki.
5) " Enfants blancs " : Un jeu d'ombres très précis qui témoigne du souci de bien faire de Vaea.
Cheval dans la têteTiki ADN-ARNLes Enfants Blancs


LES NOUVELLES DE TAHITI
LES NOUVELLES DE TAHITI (13 janvier 1979)

Vaea en chair et en rêve ou la voie du tifaifai.
Exposition Vaea Sylvain au Musée Gauguin.
Elle peignait des hommes - oiseaux surgis d'un rêve où les enfants semblaient savoir parler aux feuillages et aux ruisseaux. Elle peignait aussi des fenêtres ouvertes sur des lagons calmes et masqués par des rideaux de perles. Elle figeait ses jeunes filles dans un geste saisi et le temps semblait s'étirer et s'oublier. Naïveté, poésie et exotisme donnaient à ses tableaux l'illusion de venir d'un ailleurs où le mystère participe à la beauté et devient source d'un bonheur tranquille.
Avec son pinceau méticuleux et ses couleurs fraîches, acides parfois, Vaea avait au fil des années donné naissance à un style qui lui est propre. Sa peinture légère, l'atmosphère intimiste qui baigne ses tableaux, cette émotion qui se contente du silence parce que les mots sont trop précis pour une imagination qui aime se laisser dériver au gré de l'instant, tout cela contribuait à rendre ses œuvres accessibles à toutes les sensibilités.
Vaea aurait pu continuer encore longtemps à vivre dans ses belles chimères mais elle sentait qu'elle se condamnait au tic. Même les plus beaux paradis finissent par lasser lorsqu'ils se répètent.
Depuis qu'elle est revenue au Fenua, elle cherchait confusément un autre ailleurs. Il semble qu'elle l'ait enfin trouvé et l'exposition qu'elle prépare avec Gilles Artur, le conservateur du Musée Gauguin promet d'être passionnante à plus d'un point.
D'abord ce sera la première exposition de Vaea Sylvain à Tahiti. On avait vu ici ou là quelques uns de ses tableaux. On en verra une quarantaine réunis au Musée de Papeari, dans la salle Bing, réservée aux grandes occasions.
On pourra surtout suivre la transformation de Vaea au cours de ces deux dernières années. Il y aura plusieurs tableaux de son ancienne manière, alors qu'elle la possède au mieux : couleurs vives, beaucoup de verts, des bleus glacés, égayés de rouge vifs. Les personnages semblent pétrifiés et présentent une certaine gaucherie. Maladresse d'artiste ? Pourtant, un jour, Vaea peint une jeune fille sur fond d'envol d'oiseaux de mer. Une jeune fille non pas comme elle la voit mais comme elle est réellement. Et on découvre que Vaea sait aussi peindre des personnages qui ressemblent à ce qu'ils sont. C'est peut-être là son nouveau point de départ. Elle se trouve alors un penchant irrésistible pour les coussins, les tifaifai qu'elle reproduit en gros plan. On la sent fascinée par le courant hyperréaliste, mais elle ne le suit pas dans ses outrances. Son pinceau s'exerce. Elle revient à ses premières amours le temps d'un tableau mais elle a trouvé quelque chose, elle le pressent et fouille un peu plus dans cette voie. Ses tableaux datés de 1977 et surtout de 1978 racontent en détail cette mutation profonde. Survient cette toile où elle représente Maima, sa jeune sœur, où les bruns chaleureux, inhabituels dans sa palette, dominent en des dégradés que nous ne lui connaissions pas. Et puis surtout, il y a ces jeunes boxeurs sur fond de tifaifai, terminés peu avant Noël. Vaea leur donne une présence et une vie comme elle n'avait jamais cherché à faire. On la retrouve dans la douceur des visages juvéniles, dans la gaieté du tifaifai qui éclaire l'ensemble du tableau mais il est indéniable que la mutation est presque faite. Presque, car Vaea veut, tout en conservant l'acquis de ses dernières expériences, dépasser la vague hyperréaliste qu'elle n'a fait qu'effleurer et qui devient une impasse. Elle veut aussi peindre sur des grands formats. " Il me faut plus d'espace ". Mais ce sera pour Paris, car dès l'exposition finie, Vaea Sylvain nous quittera et certainement pour longtemps.
Raison de plus pour ne pas manquer le rendez-vous du 4 février au Musée de Papeari. A côté de la Vaea qu'on connaît un peu, on en découvrira une autre, très prometteuse. Le ton est neuf, on y sent quelque chose de vif et décidé, les rêves ont été quelque peu mis à côté mais le sol que foule Vaea n'appartient toujours qu'à elle. Un grand vent a soufflé dans son jardin imaginaire mais il est encore trop tôt pour savoir vers quels rivages la jeune artiste se dirige. Car elle n'a pas encore abordé.
Abordera-t-elle jamais ?
Claude MARERE
Oiseau-fille, oiseau-feuAnge fatiguéRendez-vous des âmes bleuesL'homme qui marcheTendresse et Violence ou 'Les Arrière-Mondes'


LA JOURNAL DE TAHITI
LE JOURNAL DE TAHITI (6 février 1979)

Vernissage de l'exposition Vaea vendredi au Musée Gauguin
Du 9 février au début mars une exposition consacrée à un jeune peintre du territoire se déroulera au Musée Gauguin à Papeari.
Vaea SYLVAIN qui expose à Paris où elle réside depuis 1972, nous présentera une sorte de rétrospective de ses œuvres, couvrant une période s'étendant de 1972 à 1978. Remarquée par un amateur d'arts, Vaea avait, il y a quelques années signé un contrat avec ART et VALEUR. Les clauses de ce document stipulaient que l'artiste devrait avoir une production de 6 tableaux par mois. Vaea qui a une idée bien précise de l'art eu toutes les peines du monde à remplir son contrat. Elle devait par la suite le résilier. " Je veux, dit-elle, pouvoir faire un tableau en plusieurs mois. L'art, ce n'est pas du travail à la chaîne... "
Avant de peindre, Vaea faisait du spectacle à Paris, où elle était incorporée à une troupe d'artistes.
" En 1972, dit-elle, j'ai décidé tout d'un coup de me mettre à la peinture. Pour ce faire, j'ai abandonné toutes mes autres activités. Au début, et maintenant encore parfois, je travaillais 10 heures par jour. "
Il y a quelques 18 mois, Vaea quittait Paris pour revenir se retremper dans l'ambiance de son pays natal.
" Il est nécessaire quelquefois, nous avoue-t-elle, de revenir aux sources. Bien sûr mes amis peintres et l'ambiance culturelle dans laquelle j'évoluais à Paris me manquent un peu. Je compte d'ailleurs retourner en Métropole après l'exposition. "
Pour sa première exposition à Tahiti, Vaea nous présentera une cinquantaine d'œuvres, huiles, gouaches, aquarelles. L'amateur n'aura aucun mal dans cet éventail d'œuvres de suivre la progression, les recherches, les tâtonnements, la remise en question perpétuelle de l'artiste.
Certaines de ses peintures sont remarquables. Les couleurs vives soulignent la poésie et l'état d'âme de l'artiste.
Certaines œuvres ont une inspiration nettement naïve, d'autres pourraient être classées comme réalistes, d'autres encore méritent les qualificatifs d'hyperréaliste...
Le vendredi 9 février, un cocktail sera offert à partir de 18h 30.
Une exposition à voir.
B.B.
Le souffleur de soleilEveilOmbres ou Coussins PeueMon lit


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (6 février 1979)

A partir de samedi au Musée de Papeari : Vaea chez Gauguin
Gauguin reçoit une hôte de marque en la personne de Vaea qui expose (enfin !) ses peintures au Musée de Papeari à partir de vendredi. Exposition très intéressante dont nous aurons l'occasion de reparler, d'une artiste passionnante que nous présenterons plus longuement comme elle le mérite, ces jours prochains.
Une manifestation en tous cas à retenir : l'exposition des peintures de Vaea au Musée Gauguin, vernissage Vendredi 9 février à partir de 18 h 30.
Aussi fascinante que ses tableaux, Vaea vaut, je vous l'assure le déplacement jusqu'au Musée Gauguin où Gilles Artur a mis à sa disposition la salle la plus prestigieuse de Tahiti.
Elle a construit, détaillé, creusé, marqué de son empreinte dans chaque tableau la crainte d'oser et de rêver. Elle a mêlé avec bonheur l'incongru et le fantastique à la réalité. Incarnant à la fois le refus du mal et du laid, la tentation de s'étourdir dans la sérénité et la rage de vivre, Vaea fait merveille. Cette drôle de petite bonne femme sans chichis et sans fard, avec ses gestes amples, son regard profond et sa drôle de voix faisant surgir l'émotion et les ratés au cœur court vers le succès comme un assaut de la nature.
Christine BOURNE
Ta'aroaMahana


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (8 février 1979)

Exposition Vaea demain au musée Gauguin
Les fascinants tableaux d'une attachante artiste
Le pinceau déjà bien en main mais débordée, harassée, radieuse, rassurante, piégée, flouée, têtue, obstinée, désordonnée, méticuleuse, jusqu'à l'obsession dans ses peintures, femme-enfant mais femme avant tout, c'est Vaea, 28 ans. Des yeux et une voix. Gris vert ou mordorés selon le ciel ; rauque, basse, cassée, sensuelle selon ce qu'elle raconte. Avec des riens et des mots, avec son regard qui fait oublier son visage, pétillant ou embué, son étonnant sourire sur des dents larges, saines, puissantes, avec sa voix qui soudain chavire et déraille, elle explique sa vie, ses déceptions, ses envies et son avenir.
A 17 ans, elle part à Paris comme une grande. Mai 68, les barricades. Pourquoi ? " Mais parce qu'à 17 ans on marche pour n'importe quoi... " Tu peignais ? " Non, je me suis dit : je chante juste, alors je chante... " Et alors ? " Je me suis vite aperçue qu'il fallait faire plaisir au producteur ! Moi, je ne mange pas de ce pain là. A cette époque ils ne recherchaient pas la valeur mais à satisfaire leur libido d'abord. Ce n'est plus comme cela aujourd'hui. Ils écoutent. " Dix ans à Paris faits de coups de folie, de coups d'éclats et de coups de chien, avec en toile de fond une délirante succession de " types fantastiques comme Olivier Bloch-Lainé. Elle a un imperceptible haussement d'épaules, au bout des doigts la cigarette décrit une courbe évasive, le regard soudain perdu, la voix basse elle dit " Il m'a faite ". Les saveurs de la vie la pousse un jour vers Jean-Michel Folon et c'est avec lui qu'elle découvrira les pinceaux, les couleurs et cette exquise envie de peindre. Joies et amertumes mordues au jour le jour, elle se rappellera longtemps de ces quelques mots du peintre : " Le fond, Vaea, pense toujours au fond... "
" A chaque fois que je peins je me souviens de ces mots " avoue-t-elle " cela m'a marquée ". Un silence enveloppé de fumée de cigarette puis : " Il avait raison ".
Cette timide qui cache sa fragilité sous des airs bravaches et des mots crus ne recule pas devant la vie, mais elle hait la haine et le fanatisme. Vaea, tahitienne dans l'âme, reconnaît mal ceux qu'elle côtoie car, dit-elle, profondément désabusée : " Si on est cultivé ici, c'est presque une tare, un stigmate ou un privilège !... C'est parfois déprimant. Bien que je vois beaucoup de monde, j'ai été seule pendant un an... " Elle aime Paris : " On peut tout faire ". Elle vit rue de l'Echaudé dans la maison même où vécut J. Rimbaud. " Une maison hantée, je suis sûre que c'est lui qui revient faire claquer les portes ou grincer le parquet. "
Elle rit et cache sa figure dans des mains courtes aux ongles carrés.
Dès son exposition terminée, elle plaque à nouveau famille et Tahiti et part retrouver son petit groupe cosmopolite de peintres anglais et italiens. " On a les mêmes idées, on pense pareil ! C'est formidable et ils peignent tellement bien ! " Sa sensibilité aiguë aux choses de la vie la rend vulnérable. Dans son jardin secret il y a un amour de huit ans qui n'est plus une réalité. Elle résorbe sa peine et affronte mon regard : " Non, je n'en parlerai pas. Mais j'ai été et je suis fidèle ".
Insatisfaite ? Peut-être mais à la recherche des actes qui lui manquent. Elle assouvit sa passion d'aimer et sa soif de création dans un art dont elle assume déjà la plénitude. Et, lorsqu'on lui dit " Tes tableaux sont chers " elle répond " mais on peut les acheter à crédit ! Après tout on achète tout aujourd'hui avec des prêts pourquoi pas ce qui est beau aussi... Faut-il donc toujours que ce soit utilitaire ? "
Christine BOURNE
EveilMon lit


LES NOUVELLES DE TAHITI (12 février 79)

La une : Vernissage Vaea Sylvain à Papeari. Gauguin aurait aimé y être
Gauguin a regretté de ne pas être là !
Le public tahitien connaissait mal Vaea Sylvain. Quelques articles dans les journaux, une émission de télévision et l'annonce d'un vernissage au diable vauvert ont excité la curiosité des amateurs. On lui faisait une bonne réputation, on lui attribuait beaucoup de talent, mais que ne dit-on pas des artistes, surtout lorsqu'ils sont enfants du pays !
Les œuvres exposées, le choix du cadre - le Musée Gauguin à Papeari, mais aussi les invités de Vaea ont fait de ce vernissage une soirée tout à fait inhabituelle, bien loin des traditionnels cocktails donnés en semblable occasion. Ce fut un régal total.
D'abord l'impact d'une quarantaine d'œuvres, huiles et dessins, aux couleurs vives, jetant des notes fortes et gaies dans la salle Bing. Bleus et verts, acides, glacés même, personnages distants et figés, surgis d'un rêve intérieur inaccessible, avec en prime l'itinéraire de la jeune artiste depuis les gouaches des débuts aux dernières huiles aux tons plus nuancés avec des gris et des bruns doux et chaleureux.
Le public a d'instinct réagi et participé pleinement à cette fête des yeux. Va et vient continuel entre la salle, le bar et la pelouse où l'on s'asseyait par petits groupes pour bavarder et écouter des musiciens qui s'étaient retrouvés : guitare, flûte, harmonica, etc. Enivrements des parfums des couronnes de fleurs et de pichets de punch. Il y avait de bonnes vibrations au Musée Gauguin ce vendredi et Gilles Artur rayonnait de plaisir presque autant que Vaea !
Gauguin a dû se retourner dans sa tombe et regrettait c'est sûr de ne pas être là.

Claude MARERE


LES NOUVELLES DE TAHITI
LES NOUVELLES DE TAHITI (9 février 79)

Vernissage Vaea ce soir

Rappelons que c'est ce soir qu'a lieu le vernissage de l'exposition Vaea Sylvain au Musée Gauguin de Papeari. C'est loin pensez-vous. Réjouissez-vous, le dépaysement sera plus complet et vous prendrez votre temps, l'artiste le mérite bien. Une quarantaine de toiles seront accrochées dans la salle Bing qui montrent le cheminement de Vaea depuis qu'elle est revenue au fenua. Des œuvres naïves et intimes, des débuts aux irruptions du réel d'aujourd'hui. A ne pas manquer, d'autant que c'est la première expositions de Vaea à Tahiti.
Tendresse et Violence ou 'Les Arrière-Mondes'


LIBERATION
LIBÉRATION Paris 15 février 1982

Un boxeur dans les Tifaifai.
VAEA, Peintre et Tahitienne, a su échapper au syndrome GAUGUIN. Résultat : de l'hyperréalisme doux.
C'est un petit boxeur qui a une gueule d'ange. Je l'ai tout de suite vu, en entrant chez Vaea. Il était perdu dans un coin de la pièce, au milieu de tableaux plus grands, plus chiadés. Mais le boxeur m'a regardé. Il a un drôle de casque, comme un gladiateur. Il a l'air un peu triste, il est un peu trop maigre, il a des gants trop grands. A ses côtés, au pied du ring, un tout jeune homme, au sourire doux, un aficionado, et puis un petit malin en casquette jaune, tête à claques, qui attend que ça cogne. C'est un petit tableau très coloré, un peu bizarre. En fond, gigantesques, des tifaifai, les coussins tahitiens. C'est Vaea qui m'a dit que ça s'appelait comme ça. C'est un nom magique, pour un coussin, tifaifai. On a envie de s'y vautrer rien qu'en entendant le nom.
Parce que Vaea est tahitienne. Peintre et tahitienne, ça vous a tout de suite un petit côté exotique, pareo, vahinés, noix de coco et lagons bleus. Mais elle a su, en grandissant, échapper au syndrome Gauguin, ce qui ne doit pas être de la tarte sans doute, quand on fait de la peinture à Tahiti.
Je suis tombé amoureux du boxeur, et aussi de la dame qui l'avait peint, le boxeur. Elle a une sacrée voix, Vaea. Rauque comme une chanteuse de blues. Ça m'a ému. J'aime bien le blues. Et puis elle a un accent pas possible. C'était foutu pour mon indifférence. Un accent qui lui fait prononcer les " r " comme des " j ". Ça rend parfois la conversation improbable. Quand elle m'a proposé un verre de " vin jouge ", j'ai pensé à un breuvage des antipodes, et je me suis trouvé plutôt aventureux d'accepter. C'était un beaujolais très honnête.
Elle est comme ses peintures, Vaea. Un cocktail détonnant d'indolence et de bonne humeur. Et si elle prononce les j pour les r, c'est tout simplement parce qu'elle trouve fatiguant de prononcer les r. Voilà. Et ça la fait rire, un rire de femme à la voix rauque. Epatant.
Ses tableaux, c'est un peu comme si l'hyperréalisme devenait doux et la réalité nonchalante. Comme si la torpeur avait soudain de bien jolies couleurs. Son boxeur est sans doute le tableau le plus " actif " de Vaea, et pourtant, il ne boxe pas. Il attend, accoudé aux cordes du ring. C'est un des rares mecs debout chez Vaea, les personnages sont plutôt couchés, entre l'ombre et la lumière, dans une pénombre un peu beige. Une femme qui dort, enroulée dans un drap, en chien de fusil, dans une lumière que l'on devine être celle d'un après-midi ensoleillé, tamisée par des volets clos. Un bébé, qui dort dans un lit cage, dans des draps fleuris. Une mère qui allaite son enfant, dans un hamac. C'est un monde de la chaleur, de la torpeur, de la douceur. Un bel hymne à la paresse, l'éloge de la nonchalance, de la douceur et du temps qui passe, peinard, pas pressé, bien d'être là.
Peindre des coussins, les somptueux tifaifai, des draps froissés, des plumards et des hamacs, et des gens dessus qui se la coulent douce en attendant la fraîcheur, est une activité joyeuse. Vaea est joyeuse. Elle évoque - sa voix rauque ! - ses copains, la lumière de l'air, le plaisir planant de peindre un par un des milliers de brin d'herbe, pendant des jours. Elle me parle de son père, un " type pur ", des lagons, des bébés.
Elle a l'air d'une rockeuse, Vaea la bluseuse, avec son pantalon de cuir et son vieux blouson. Il faisait froid et gris. Nous sommes allés manger des huîtres, parce que " c'est un filtre les huîtres ". On a parlé des hommes et du joli boxeur. Et j'en apprends l'audace. " Tu sais, ça ne se fait pas, à Tahiti, de peindre des hommes. " Au dessert, j'ai ressenti l'urgence d'un voyage aux antipodes...
Michel FAURE
Les Arrière-MondesLa femme ensevelieManuTe Fenua


FRANCE SOIR

Elle se nomme Vaea, elle est Tahitienne, jeune et belle. Elle est peintre et elle a beaucoup de talent. Elle expose à Paris. Courez-y. C'est remarquable.

Paul WERMUS - Paris, 1982
FRANCE SOIRJean Sablon, VaeaVaea par Jean françois Jonvelle


MADAME FIGARO

Depuis Gauguin, ses femmes tranquilles en paréo et ses paysages polynésiens, personne n'avait joliment parlé de Tahiti : Vaea renoue avec l'élégance du dessin, la magie des couleurs.

Véronique PRAT - Paris, 1982
MADAME FIGAROTe Fenua - Paris - 1980 - Huile sur toile - 92x73 cm


LE POINT
LE POINT

Vaea. Entre Gauguin et l'hyperréalisme, les tableaux récents d'une splendide Tahitienne de trente ans.
Jean-Marie FERRIER, 1982


LE FIGARO
LE FIGARO et L'AURORE Paris février 1982

VAEA au pays des merveilles.
Couleurs roucouleuses, dessin très appliqué et peintures du bout du rêve... Tahiti en hiver, c'est tout de même mieux qu'une cure d'oxyde de carbone.
L'aurore est grise et les réveils râpeux. On en a bien besoin, par ces temps qui traînent de regards candides et d'humeur buissonnière. Pourquoi ne pas se donner une féerie dans une bulle de bonheur ?
Alors mettons pour quelques instants l'ennui en quarantaine et découvrons Vaea.
Un univers qui s'ouvre comme une coquille et laisse apparaître des peintures magiques. Des peintures du bout du rêve qui fondent comme un bon petit berlingot acidulé. Voici Tahiti, ses plages aussi belles que la pochette des dépliants du club Méditerranée et ses nymphettes brunettes. Un éclaboussement de lumières pimpantes, de bleus tropicaux, de roses fluos fixés une fois pour toutes par le pinceau méticuleux de Vaea.
Tout est soigné dans les moindres détails : couleurs roucouleuses, dessin très appliqué. Attention les yeux ! La mer éblouit et le paysage donne le vertige comme un verre de punch. C'est kitsch, éthéré et léger, léger.
Le peintre s'invente en permanence, des dimanches jours fériés. On se retrouve en plein air, bien loin des mondes convulsifs. Dans ces tableaux vaguement hyper-réalistes, la peinture en jette comme une belle américaine. Nous butinons aux pays des merveilles. Les scènes de mariage s'enchaînent au repas de famille sous les arbres, un bébé dort dans son berceau, une jeune fille rêve enroulée dans les plis d'un drap... C'est un joli travail, sans aucune prétention et qui s'en tient aux joies de divertir l'œil. Naturellement, ces œuvres sans problèmes se regardent simplement, avec plaisir. Il suffit de les accompagner, le plus librement du monde et le plus innocemment aussi.
Conclusion : si vous aimez rêvasser, si vous avez des rires d'enfant, si vous êtes allergiques aux problèmes de cœur et de plomberie, si vous vous moquez de rater le train de votre génération, la peinture de Vaea vous tend les bras. Vous en sortirez sans remords.
Jean-Marie TASSET
La RondeMara'amu ou l'Homme BlancManuLa femme ensevelie


JEAN-LUC CHALUMEAU POUR ARTS

Vaea vient de Tahiti. Mais est-il bien nécessaire de donner ce genre de précision qui, irrésistiblement, invite à comparer ses tableaux à ceux de l'Ermite d'Atuona ? Le parcours de Vaea ne s'est pas fait de Pont-Aven vers les îles chaudes, mais de ces dernières, où elle vit parce que cette ville demeure l'un des deux ou trois endroits du monde où tous les peintres, d'où qu'ils viennent, sont chez eux. Vaea est chez elle à Paris et plus encore dans la peinture dont elle connaît les ressources en technicienne douée. Son exposition prouve avec surabondance sa virtuosité dans le "rendu" d'une étoffe ou d'un visage, dans l'appréhension de la grande lumière solaire traversant des feuillages... Mais là n'est pas l'essentiel bien sûr. A travers ses thèmes emprunts de banalité, et malgré le charme qui arrête le visiteur pressé, Vaea fait tomber les masques et la facilité s'estompe. Le peintre pose un regard lucide sur un monde dur, un regard assez vaillant pour tout voir parce qu'il se sait sauvé par la joie de peindre.

Jean-Luc CHALUMEAU - Paris, 1982
ARTSMareva - Paris - 1981 - Huile sur toile - 81x65 cmOiseau-Vague - Tahiti - 1974 - Mélange - 44x58 cmToerau - Paris - 1980 - Huile sur toile - 116x89 cmJean Castel, Vaea


L'OEIL
L'OEIL

Vaea fait souffler sur ses toiles un vent de poésie venu d'ailleurs. Hautes en couleur, ses œuvres restituent l'image d'un Tahiti intimiste et vécu qu'elle traite d'une manière hyperréaliste qui lui est bien personnelle.

Monelle HAYOT, 1982
Hei Tiare


NOUVELLES LITTERAIRE
LES NOUVELLES LITTERAIRES

Elle est de ce pays immémorial dont Victor Segalen nous a restitué la parole. Tahiti est pour Vaea un lieu matriciel, l'espace électif des naissances et des amorphoses. Et au travers de cette luminosité que Gauguin jugeait incomparable, Vaea s'attache surtout à traduire une certaine convivialité polynésienne ou l'indolence, les langueurs nacrées, les immobilités intérieures font infuser un bonheur vaguement inquiet.
Gérard SPITFRI, 1982


ELLE
ELLE

Vaea : l'anti-Gauguin.
Tahiti c'est la beauté, Vaea est tahitienne par sa mère, donc Vaea est belle. Vaea est peintre. Gauguin lui a lâché le paréo puisque c'est façon hyperréaliste nonchalant qu'elle peint les habitants de son île.

Françoise TOURNIER, 1982


LA DÉPECHE DE TAHITI (28 avril 1982)

"Pays des Merveilles... Paradis perdus" : des mots qui résonnent particulièrement dans l'œuvre de Vaea. Il y a dans sa palette, tout à la fois le choc de l'inattendu par le dépaysement, le fantastique, le rêve et l'imaginaire. Et puis une audace des compositions qui recule chaque fois un peu plus les codes établis, bouscule la bienséance d'un certain académisme, taille en brèche le conformisme. C'est dire si Vaea n'a pas choisi la facilité ! En abordant les grands problèmes métaphysiques qui la hantent, elle fait route vers l'inconnu. Elle est "en recherche" perpétuelle. Et perpétuellement elle lutte contre ses peurs et ses doutes. Car il n'est pas évident de saisir l'autre côté des êtres et des choses.
Témoin cette grande toile (146 x 114 cm) intitulée "Les Immémoriaux" qui, entre les 5140 autres accrochées au Grand Palais par les 2500 artistes présents, brille d'un éclat tout particulier et révèle, s'il en était besoin, que sous le masque de la naïveté se cache parfois celui de la gravité...

Dominique CHARNAY


TEXTE DE ROLAND TOPOR

"Vaea, un mélange vrai de sens critique et de déconnage."

Roland TOPOR - Paris, 1982
Henri Xhoneux, Brigitte Thomas, Roland Topor, VaeaVOGUECrépuscule - Paris - 1981 - Huile sur toile 100x81 cm


EXPO INFORMATIONS HEBDO
EXPO-INFORMATIONS-HEBDO (Paris janvier 1982)

Peintures de Vaea.
Vaea est à moitié originaire de Tahiti et à moitié d'un monde enthousiaste qui la fait peindre et vivre en même temps. Elle peint avec les couleurs d'un lieu d'origine ses propres images quotidiennes. Femme nerveuse qui hésite entre son paquet de cigarettes et les réponses à donner à un journaliste, Vaea trouve, dit-elle "l'équilibre dans le fait de peindre". Donc, née à Tahiti en 1950, elle dit néanmoins, en interview comme en peinture "aimer autant ici et... là-bas. "Du bleu, du blanc, du jaune dans des huiles qui traitent de tout ce qui bouge, Vaea ne fait pas dans l'hyper-impressionisme mais elle impressionne par son sens figuré des gens qu'elle dépeint ou peint. On peut aimer ou ne pas aimer ce que fait Vaea, mais on ne peut pas passer outre. Elle offre tellement de joie de peindre qu'on ne peut ignorer qu'elle a raison de le faire. Ses toiles lui ressemblent ; c'est à en désespérer. Tour à tour gaies, grandes, minces ou les yeux clairs, c'est un tableau d'enfant derrière des barreaux mais la main est ouverte, c'est le thème de l'affiche de son exposition, femme suspendue et enfermée dans un drap, c'est libre et bien défini, triste aussi, bien que... c'est indéfiniment une scène qui serait impossible à photographier, c'est aussi quelquefois perdu. Vaea peint pour peindre. C'est devenu rare par les temps qui ne courent plus. D'autres presses ont dit qu'elle était social-peintre, il n'y a pourtant rien à écrire d'autre que ce qu'elle déclare en faisant les cent pas de son paquet de tabac à ses toiles : "je veux peindre".
Loïc LE GUÉNÉDAL
La femme ensevelieManu


GUNNAR'S
GUNNAR'S (Paris 1982)

Vaea ou les sentiments d'une femme...
Vaea est née à Tahiti, Vaea est femme, Vaea est belle, Vaea a tout un vécu différent du nôtre, mais Vaea est peintre et lorsque Vaea peint, il s'agit d'une peinture si totalement contemporaine et sociale qu'elle rompt les barrages. Dans son exposition, Vaea nous présente le témoignage du quotidien qui fut le sien avant qu'elle ne quitte Tahiti pour venir à Paris travailler et rechercher le contact et la confrontation avec ses contemporains artistes. Elle nous présente l'espace le plus large à côté de l'intérieur le plus étouffé. Les sentiments sont profonds, les douleurs intenses, les joies palpables à l'œil nu, et la bataille entre la lumière et l'ombre permanente. Peintre social, Vaea déteste qu'on parle d'elle comme "peintre social", dessine une harmonie avec les heures du soleil et de la lune. Un grand voyage vers l'intérieur dont toutes les balises sont lumières.

Horner ALGSTADT
VanessaTendresse et Violence ou 'Les Arrière-Mondes'Le masque de l'Echaudé


L'OFFICIEL
L'OFFICIEL (Paris 1982)

Vaea, femme-peintre née à Tahiti. Peintures inspirées par sa terre natale, avec des scènes de la vie quotidienne : mariage ou repas de famille, bébé qui dort dans son berceau, etc. Une œuvre sensible, colorée, où la nature prédomine dans une fête des sens et des formes. Peinture sociale, ensoleillée, qui est aussi une réflexion sur la condition humaine. Une œuvre proche de la terre et des éléments, qui est aussi une sorte d'hymne au vent et au feu.
MarevaLa RondeMara'amu ou l'Homme BlancManu


VOTRE BEAUTE
VOTRE BEAUTÉ (Paris 1982)

Dans cette Galerie de la rue Saint-Louis-en-l'île, exposition séduisante à partir du 9 février, d'une jeune peintre au talent prometteur, Vaea. Un prénom tahitien car Vaea est née à Tahiti où son père, le photographe le plus célèbre du Pacifique, et sa mère habitent toujours, lorsqu'ils ne séjournent pas dans la capitale. Vaea, qui expose depuis 1974, à Paris, à Tahiti et à l'étranger, a hérité le charme de sa mère et un talent fou pour peindre la lumière, les couleurs, le grand voyage vers l'intérieur. Dans son exposition, elle nous présente le témoignage du quotidien qui fut le sien avant qu'elle ne quitte Tahiti pour venir s'installer à Paris, y travailler, rechercher le contact et la confrontation avec ses contemporains, artistes comme elle, Vaea possède tout un vécu différent du nôtre ; mais lorsqu'elle peint, si elle fait aussi penser à Gauguin, sa peinture est si totalement contemporaine et sociale qu'elle rompt les barrages. Mariage, repas de famille sous les arbres, bébé endormi dans son berceau, maternité, jeune fille courant, elle montre la vie simple mais avec un regard tourné vers l'intérieur.
Renée DUMAS
La RondeMara'amu ou l'Homme BlancManuTe FenuaMareva


FEMMES D'AUJOURD'HUI
FEMMES D'AUJOURD'HUI (Paris 1982)

Une peintre tahitienne.
Née à Tahiti, Vaea peint avant tout des scènes de son pays : un mariage, un repas sous les arbres, un merveilleux bébé qui dort enroulé dans un "tifaifai" (tissu imprimé), des fleurs exubérantes... S'inspirant souvent de Gauguin ou du Douanier Rousseau, elle affectionne les atmosphères lourdes, les couleurs chaudes et violentes. Tantôt poétiques, comme cet étrange tableau naïf où la lune se découpe nettement dans le bleu profond de la nuit, tantôt réalistes, les œuvres de Vaea sont plus qu'une simple bouffée d'exotisme. Elle nous révèle avec force le débordement de la vie et de la lumière.
Manuelle ORTOLLI
Lecture des mémoires d'Auguste RenoirLa RondeMara'amu ou l'Homme Blanc
ManuPehe pehe maina ou 'la bringue'


INFOS EXPOS
INFOS-EXPOS (mars-avril 82)

Une exposition avec les peintures de Vaea, à la galerie Jean-Pierre Lavignes, jusqu'au 27 février. Vaea est née à Tahiti, en ce moment, elle vit en France. Entre de nombreuses huiles sur toile, elle peint souvent des corps, des visages, des situations d'enfants. Bébé qui dort dans son berceau recouvert d'un tifaifai, mère donnant le sein, jeune fille qui court. Entre le bleu, le blanc et le jaune de sa peinture et la lumière qui lui vient sans doute de Tahiti, Vaea a une façon enthousiaste de parler de l'enfance : " Ça sert à rien de vieillir "... et " les enfants ? Ce sont des humains petits qui vont apprendre à vivre."
Loïc LE GUÉNÉDAL
ManuTe FenuaMareva


TOURISME INFORMATION
TOURISME INFORMATIONS (Paris février 1982)

" Quand VAEA met le soleil de Polynésie dans ses toiles... "
Vaea est jeune, belle et elle est née à Tahiti. Ce jeune peintre de talent vit et travaille à Paris dans le quartier pittoresque de la rue de l'Échaudé, mais elle n'a jamais pu oublier le soleil, les fleurs et la douceur sans pareille de la vie quotidienne dans son pays. Pourtant, si elle s'en inspire forcément, puisque chaque création se nourrit de nos racines profondes, elle est aussi influencée par des tendances bien contemporaines et des recherches personnelles.
Elles sont très diverses. Elles peuvent porter aussi bien sur les draperies d'un lourd tissu, les transparences d'un voile, ou les contrastes de deux couleurs.
Les toiles exposées reflètent l'ambiance de la vie quotidienne à Tahiti. On y trouve souvent des scènes familières ensoleillées, un mariage, un repas de famille sous les arbres, un bébé qui dort dans son berceau, recouvert d'un "tifaifai", ou encore une adolescente qui sanglote en tenant à la main une lettre déchirée. Un portrait traité à la fois avec force et finesse - caractéristique de l'œuvre entière de Vaea - y voisine avec une toile "le regard du temps" qui montre une femme en paréo bleu, assise devant un portrait de Gauguin. C'est précisément parmi les nombreuses expositions faites dans le monde que pour la première fois, elle exposait en 1979 à Tahiti, au Musée Gauguin, remportant un énorme succès. Monte-Carlo et Düsseldorf l'avaient déjà accueille, et depuis 1974 elle a exposé à Paris sans discontinuer, notamment à "Art et Valeur", au "Palais des Congrès", à "Art 3", à la Galerie Jean-Pierre Lavignes, etc.
Très recherchées, ses œuvres figurent, aujourd'hui, dans les collections à Tahiti, Paris, Los Angeles, Londres, Genève, ou Milan. Cela n'a rien de surprenant... Fort attachée au réel dans sa manière même de le traduire, Vaea laisse transparaître les joies et les douleurs profondes, ombres et lumières qui agitent ses personnages., dans le mouvement même de la vie...
Solange SILBERMANN
La femme ensevelieLa RondeMara'amu ou l'Homme BlancManuLa lettre déchirée
Le regard du temps ou 'A Gauguin, à mon père'


LA DEPECHE DE TAHITI page 1 LA DEPECHE DE TAHITI page 2
LA DÉPECHE DE TAHITI (16 FÉVRIER 1982)

Exposition Vaea Sylvain à Paris.
"UNE FILLE DES ILES DANS L'ILE-SAINT-LOUIS"
Annoncée et saluée par l'essentiel de la grande presse, de Libération à Playboy, en passant par Femmes d'Aujourd'hui, Vogue, Les Nouvelles Littéraires, Elle, Gunnar's, L'Œil etc., l'exposition de Vaea Sylvain constitue un événement de premier plan dans la rentrée artistique. Témoin son vernissage du 9 février dernier qui a réuni, quelques heures durant, une foule impressionnante d'amateurs et d'amis, parmi lesquels nombres de polynésiens et de personnalités. Il y avait ainsi les chanteurs Pierre Vassiliu et Georges Moustaki, les comédiens Danièle Evenou (compagne de Jacques Martin) et Philippe Nicaud, des responsables du domaine public tels que François Bloch-Lainé et Aymar Achille-Fould, ancien ministre des armées, le sénateur Daniel Millaud, Patrick Robson de l'O.D.T., Louis Doucet, chroniqueur d'art à Antenne 2, Marc Coulon, maître d'œuvre d'un important programme de promotion des DOM/TOM, le peintre Jean-Pierre Zing, le docteur Jonville, Hina et Maima Sylvain sœurs de Vaea, Patrick Pons de FR3 Tahiti, Eliane Golaz de la Délégation, Francine Goupil, Noni et Christian Gleizal, le Père O'Reilly, Yvon Ségalen, la famille Rota, Éliane de Gennes, Colette Adam, Marc Cassart, Jean Dominique et bien d'autres encore - l'animation musicale étant assurée avec brio par Jimmy et son groupe, désormais basé à Paris.

Et comme le sympathique Jean-Pierre Lavignes qui préside aux destinées d'une galerie (elle porte son nom) réputée pour ne présenter que les peintres les plus "moteurs" de la nouvelle génération avait bien fait les choses, l'équivalent d'une vraie petite cave a été vidée en un clin d'œil. Bref c'était la fête. Avec toutefois une pointe de tristesse pour Vaea à qui Jeannine et Sylvain, actuellement à Tahiti, ont beaucoup manqué. Mais s'ils étaient là par la pensée, ils ont aussi fait l'émouvante surprise de téléphoner au beau milieu du vernissage. Au point que Vaea n'a pu retenir ses larmes d'émotion. Emotion prolongée, peu après, par un autre coup de téléphone "polynésien". Celui de l'ami attentif et fidèle Gilles Arthur, conservateur du musée de Papeari qui avait, il est vrai, une autre bonne raison d'appeler... Un grand journal parisien n'avait-il pas annoncé dans ses colonnes, une semaine plus tôt : "Vaea, jeune peintre née à Tahiti, expose ses dernières œuvres du 9 au 27 février au Musée Gauguin, 15 rue Saint Louis en l'Isle, à Paris. " !!...
Néanmoins, on en conviendra cette belle coquille journalistique avait tout de même quelque chose de bien pensant !
Dominique CHARNAY


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DÉPECHE DE TAHITI (16 FÉVRIER 1982)

Exposition Vaea Sylvain à Paris. UN GRAND VOYAGE VERS L'INTÉRIEUR.
"Un grand voyage vers l'intérieur dont toutes les balises sont lumière".
Cette phrase tirée du texte de présentation de l'actuelle exposition des œuvres de Vaea Sylvain à la galerie Jean-Pierre Lavignes, île Saint Louis à Paris, ne pouvait mieux la définir. La trentaine de toiles accrochées sont, en effet, autant de métaphores plastiques et poétiques. Il y a là rassemblé tout un univers peuplé d'ombres et de mystère, dans lequel souplesse, force et unité oscillent sans cesse entre une tension sereine et une inquiétude saillante. Quelque chose de tout à la fois limpide et indéchiffrable. Des questions, des fantasmes. Femme et fille de Tahiti, Vaea évoque la maternité, l'enfance, l'amour, la mort, et bien sûr la Polynésie qu'elle a au cœur. Agissant par symboles, elle nous invite à nous interroger à notre tour, sur le présent, le passé et l'avenir qui ne font peut être qu'un...
Car le pouvoir de peindre, c'est aussi celui de ralentir le temps. De pénétrer le réel par le rêve et l'imaginaire, de tout immobiliser en faisant passer dans la matière, la couleur, le graphisme, ce vertige qui nous ronge quand nous tentons de sortit de notre quiétude animale.
On dit que l'histoire d'un écrivain est l'histoire d'un thème et de ses variations. Il en est de même pour un peintre. Et il me semble que chez Vaea l'inspiration maîtresse puise ses sources magiques dans la fascinante dualité des êtres et des choses. Ainsi, entre le crépuscule et l'aurore, travaille-t-elle toujours en harmonie avec les heures de la lune et du soleil. Elle tâche de remonter le temps et s'avance sur un territoire où se perdent, une après l'autre, toutes certitudes. Parfois même Vaea perd sa propre trace. Elle en revient alors épuisée par le long cheminement de ses sens, mais éblouie par cette luminosité précieuse qu'elle nous restitue ensuite avec la candeur de l'enfant prodigue. Une aventure passionnante.
Où est-elle Vaea ? Je ne l'ai jamais vraiment su. Elle dit "quelque part", sans en être sûre. Je crois plutôt qu'elle navigue le plus souvent sur un Océan particulier qui relie d'un trait de lumière Puna'auia à Saint Germain des Prés, son nuage depuis une dizaine d'années.
De fait Vaea Sylvain est bien la Tahitienne la plus tahitienne du quartier le plus parisien de Paris. Siège au début du siècle des éditions du Mercure de France, la rue de l'Échaudé où elle habite ne compte certes que 33 numéros. Mais elle débouche glorieusement sur le très romantique boulevard Saint-Germain qui a vu "naître" quelques uns des plus grands noms de la littérature et des arts. "Germanopratine" donc (féminin de "germanopratin", terme désignant selon feu Boris Vian les autochtones du cru), Vaea a hérité d'un triple étage dans un immeuble ancien qui, après avoir longtemps servi d'hôtel de passe, abrita plusieurs années l'atelier du dessinateur-ami Jean-Michel Folon. Un escalier de bois, obscur et raide, conduit en colimaçon jusqu'au quatrième et dernier palier où commence, derrière la porte, le domaine du peintre. Toutefois le visiteur étranger est déjà prévenu. Avant même de jeter un doigt sur la sonnette (entre parenthèses, ce genre de sonnette dont on ne sait jamais si elle sonne réellement ou agit par télépathie...), un grand panneau blanc et bleu collé au mur indique en sorte de préambule : "Chefferie de Hitia". Le ton est donné.
Des trois étages, le premier est tout entier voué à la peinture. Hormis, parfois, un verre de rouge venu réchauffer le cœur angoissé de l'artiste, rien que tubes de couleurs, pinceaux de toutes tailles, toiles et chevalets. L'atmosphère ici ne respire guère la décontraction et le plaisir tranquille. Ça sent la fièvre et la souffrance. Surprise en plein travail, Vaea parait brutalement émerger d'un songe profond et agité. Avec son gros tablier tâché, ses manches retroussées et ses cheveux en bataille, elle ressemble à un manœuvre. C'est qu'elle remue des tonnes d'idées et de sensations, ouvre sans fin des milliers de fenêtres. Car, tout en demeurant fidèle à elle-même, Vaea n'en a jamais fini de changer. Son imagination est continuellement sur la brèche pour trouver le mouvement qui est lumière. Et pour arriver à ce résultat, il lui faut bannir toute vision alanguie au profit d'une vision dynamique qui écorche et saigne au besoin. Comme la vie qui se cherche, et, à chaque toile, avec force, est remise en question. Le reste n'est que mystère de la création. Mais, pour en avoir perçu l'écho éternel et grave sur ses tableaux, je soupçonne fort Vaea d'écouter lorsqu'elle peint, par delà la distance, le bruit incessant et sourd des vagues sur le récif. La plus magique invitation au grand silence du Pacifique.
Dominique CHARNAY
Mahana no TahitiLe livre de GéographieLe regard du temps ou 'A Gauguin, à mon père'VanessaLes Immémoriaux


"Tahiti vu par le regard d'un peintre dont la précision n'exclut pas la poésie"

Père Patrick O'REYLLY (Paris 1982)


LES NOUVELLES DE TAHITI
LES NOUVELLES DE TAHITI (16 février 1982)

"Vaea expose à Paris"
Quand Vaea expose c'est l'événement. Ce fut donc l'événement lors du vernissage de son exposition à la Galerie Lavignes, au milieu de la belle pirogue parisienne que constitue l'île Saint-Louis.
Vaea est à la mode du changement puisque ses nouvelles toiles donnent dans l'hyperréalisme. Cependant, elle reste fidèle à son style particulier qui s'accommode du symbolisme, de l'onirisme et même d'un certain impressionnisme (le Tupapau par exemple). A ces "ismes" manque bien sûr le surréalisme qu'elle a toujours affectionné, mais sans jamais quitter l'inspiration des scènes familières de la vie polynésienne. Elle peint avec sentiment et jette sur la toile une lumière bien particulière. Ses nouvelles œuvres aux dominantes bleu-ocre et gris en demi-teintes, voire pastellisées, sont incontestablement très ressenties et elles ne pourraient l'être à moins puisque l'hyperréalisme oblige à une fidélité parfaite au sujet.
Vaea, vêtue simple mais romantique, un sombrero gris sur la tête pour qu'on ne la perde pas de vue dans la foule, a donc accueilli ses amis, avec son éternel sourire aux lèvres et son beau regard bleu perdu dans ses rêves. Et foule il y eut. La petite galerie ne suffisait pas à contenir ses admirateurs. Le tout Tahiti de Paris était là, entouré de personnalités de Tahiti comme le docteur Jonville, Patrick Robson etc. On vit un chanteur bien sympathique en la personne de Georges Moustaki côtoyer un ancien ministre, Aymar Achille-Fould et un sénateur, Daniel Millaud. Plusieurs danseurs et danseuses des groupes de Jimmy Maraiauria, de O'Tahiti ou de Manava s'étaient placés au fond de la Galerie pour assurer une ambiance musicale, tandis qu'un solide bar dispensait punch et kir aux invités qui réussissaient à surmonter la densité excessive de population. Pendant plusieurs heures on vit ainsi défiler de nombreuses personnalités comme le R.P. O'Reilly, l'Amiral et Mme Vallaux, puis le Commissaire général de la Marine et Madame Galtier qui représentaient l'A.A.P.F avec J.M. Isabelle et Roger Cadiou. Jean-Claude Paulard avait quitté quelques instants l'Eléphant bleu pour féliciter Vaea et rejoindre son nouveau cabaret : l'Ours Blanc. Hina Sylvain confiait qu'elle avait posé pour sa sœur et l'on se prenait à rechercher les toiles sur lesquelles elle pouvait figurer.
Vaea a fait une éblouissante rentrée parisienne, souhaitons-lui le grand succès qu'elle mérite de plus en plus.
Philippe BINET
Les Immémoriaux


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DÉPECHE DE TAHITI (28 avril 1982)

"Vaea au Salon des Indépendants".
Avec sa participation remarquée au Salon des Indépendants qui se tient actuellement à Paris, au Grand Palais, jusqu'au 5 mai prochain, Vaea Sylvain est entrée dans une des plus grandes familles de la peinture française. Fêtant cette année leur 93ème anniversaire, les "Indépendants" ont en effet compté dans leurs rangs, à un moment ou à un autre de leur itinéraire, quelques uns des artistes les plus importants du siècle, du Douanier Rousseau à Yves Brayer en passant par Seurat, Odilon Redon, Van Gogh, Rouault, Vlaminck, Soutine, Gromaire, etc.
Au départ, la Société des Artistes Indépendants est née d'une révolte. Celle d'un petit groupe de novateurs las de l'omnipotence du Salon annuel. Car ce salon très officiel inauguré pour la première fois en 1667 et qui était exclusivement réservé aux membres de l'Académie Royale de peinture et de sculpture, restait encore, à la fin du siècle dernier, le sanctuaire de l'académisme. On y gagnait des médailles et les carrières des peintres consacrés ne différaient pas sensiblement de celles des hauts fonctionnaires. Et bien entendu la peinture sortant des normes était refoulée par un jury aussi draconien que décadent. Situation qui devait ainsi aboutir à la création d'un circuit nouveau afin de permettre à la jeune peinture de se faire connaître.
Ce fut d'abord, dès 1863, autour de Manet, le Salon des Refusés. Puis, sept ans plus tard, la première exposition de groupe des impressionnistes, chez le photographe Nadar. Du "beau monde" : Renoir, Monet, Sisley, Cézanne, Degas, Pissarro... Paul Gauguin, quant à lui, présentera 19 toiles à la huitième et dernière exposition du genre, en 1886. Mais, par un caprice de la destinée, il n'exposera jamais au salon des Indépendants fondé en 1884. Un salon, nous l'avons dit, ouvert à tous, "sans jury ni récompense", qui révéla, à sa deuxième édition, le maître de l'art naïf, Rousseau, dit "le douanier", dont les amours, la fausse duplicité, les mensonges, les engagements, les passions, les rêves, les maladresses et les audaces marquent la trame d'une vie à la mesure d'une légende.
D'où cet hommage que lui rend aujourd'hui le 93ème Salon des Indépendants, avec pour thème central : "le génie des naïfs"... Un véritable florilège de naïveté à la dimension de la planète ! Ses chefs-d'œuvre exposés - une centaine - viennent des quatre coins du monde et témoignent d'une force singulière et bien vivante. Même s'il n'y a pas si longtemps, au fond, que l'art naïf a trouvé sa vraie place...
En 1900, Georges Courteline en avait composé la première exposition sous le titre de "Musée des horreurs", car il semblait à cet observateur lucide de la sottise humaine, qu'il détenait avec ces toiles, le sel du ridicule et de la bizarrerie. Pourtant, il devait bientôt changer le titre qui devint "Le musée du labeur ingénu". On peut croire que la magie de cette peinture avait joué son rôle. Mais l'ascension de la considération de l'intelligentsia plastique fut lente. En même temps qu'évoluait la terminologie... Pour Wilhem Unde, les naïfs étaient "les peintres du cœur sacré". Maximilien Gauthier les baptisait "maîtres populaires de la réalité". René Huyghe voyait en eux "les peintres de l'instinct", Patrick Walberg "les peintres de l'immédiat", Raymond Naunta, pour l'exposition de 1962 à Paris, "les primitifs d'aujourd'hui". Cependant que paraissait enfin le premier dictionnaire des peintres naïfs. Et que quelques années plus tard, Anatole Jakovski, grand spécialiste en la matière, pouvait écrire : "les toiles naïves sont les véritables vitamines de l'âme. Vous en prenez une, et vous voilà transformés en un tour de main au Pays des Merveilles... Elles nous restituent tous nos paradis perdus !"
"Pays des Merveilles... Paradis perdus" : des mots qui résonnent particulièrement dans l'œuvre de Vaea. Il y a dans sa palette, tout à la fois le choc de l'inattendu par le dépaysement, le fantastique, le rêve et l'imaginaire. Et puis une audace des compositions qui recule chaque fois un peu plus les codes établis, bouscule la bienséance d'un certain académisme, taille en brèche le conformisme. C'est dire si Vaea n'a pas choisi la facilité ! En abordant les grands problèmes métaphysiques qui la hantent, elle fait route vers l'inconnu. Elle est "en recherche" perpétuelle. Et perpétuellement elle lutte contre ses peurs et ses doutes. Car il n'est pas évident de saisir l'autre côté des êtres et des choses.
Témoin cette grande toile (146 x 114 cm) intitulée "Les Immémoriaux" qui, entre les 5140 autres accrochées au Grand Palais par les 2500 artistes présents, brille d'un éclat tout particulier et révèle, s'il en était besoin, que sous le masque de la naïveté se cache parfois celui de la gravité...
Légende du tableau : " Le passé, le présent et le rêve dans la toile de Vaea, " Les Immémoriaux " exposée au Grand Palais.
Dominique CHARNAY
Les Immémoriaux


LA DEPECHE DE TAHITI
LA DEPECHE DE TAHITI (24 avril 1984)

Mieux connaître Vaea Sylvain
Il nous est difficile d'oublier l'exposition rétrospective d'une cinquantaine d'œuvres de Vaea que le musée Gauguin organisa en février 1979.
Curieuse démarche qu'est la sienne : née à Tahiti dans une famille d'artiste, c'est à Paris en 1972 qu'elle prend la décision de peindre. Remarquée très rapidement, elle signe un contrat avec la galerie parisienne Art et Valeur.
Dès 1974 elle exposera en France, en Allemagne, à Monte-Carlo. Bien des critiques d'art se sont penchés sur le cas " Vaea ". Citons quelques avis, Michel Faure écrit dans Libération " Elle a su échapper au syndrome Gauguin, chose pas facile quand on fait de la peinture à Tahiti ". Jean-Marie Tasset du Figaro annonce " des peintures du bout du rêve ". L'Œil magazine évoque " une artiste qui fait souffler sur ses toiles un vent de poésie venu d'ailleurs ".
Toujours en recherche et constante évolution, parfois on la trouve déroutante. Possédant une belle technique, ayant à sa disposition une grande sensibilité, elle sonde le temps, la lumière et les êtres dans un rêve lucide. C'est une peinture ni facile ni complaisante. Déjà bien des collectionneurs possèdent bon nombre de ses œuvres et pour cette année elle a accepté deux propositions d'expositions, l'une en Californie, l'autre à New-York. Nous avons la possibilité de découvrir une vingtaine de ses œuvres de différentes périodes à la Galerie Api. Notons notamment de récents dessins à l'encre de Chine et plusieurs huiles sur papier.
Patrice BREDEL
Emilia 2La lettre déchiréeMaima endormieLes angesNoteha te topita
AutiMahana no Tahiti


TEXTE DE ROGER VADIM PARU EN 1985

Quand on parle peinture, TAHITI est synonyme de GAUGUIN. Il serait paradoxal que le public et les critiques qui ne reconnurent jamais, de son vivant, le talent de l'exilé breton, méconnaissent au nom du génie défunt des peintres qui, aujourd'hui, devraient marquer leur époque.
VAEA n'est peut-être pas le seul peintre né aux Iles sous le Vent qui mérite d'échapper à l'ombre du géant mais c'est celui qui m'a le plus impressionné. Je devrais dire " celle " puisque VAEA est une femme.
Malgré son jeune âge, son œuvre s'étale sur plus d'une décennie. Un talent insolite, onirique, exotique, érotique, unique. Tout cela rime fort bien.
Elle a créé un univers où chaque rencontre est une surprise : enfants aux yeux d'adultes, femmes élancées et terriennes dansant le rêve et le péché dans un ballet parfois inquiétant où la grâce est toujours invitée. Son œuvre est habitée de l'obsession du berceau et du lit où se mêlent fantasmes et parfois l'amant masqué, la femme brune et bleue, la blonde sévère, la fillette vêtue d'éternité.
Son inspiration poétique qui balance de l'âme à la chair est ouverte à l'avenir, à la mort, au bonheur. L'oiseau de fin du monde est blanc.
Chez VAEA tout est lascif. Ses personnages attendent l'amour. L'enfant sur le sein de sa mère est chargé d'érotique innocence. Pourtant, d'une subtile façon, son propos est aussi féministe. VAEA échappe aux clichés du folklore, du charme et de la sensualité pour aborder l'angoisse de la femme dans un contexte qui dépasse de loin les gracieuses " vahine " souriant, languides, sous les cocotiers.
Raz de marée de l'improbable - sûrement pas de l'impossible - la mer envahit la dormeuse, le lagon qui se passe des bleus et des verts hors-commerce refusés aux autres océans, se glisse sous l'oreiller.
Un des tableaux de VAEA m'a semblé très personnel. C'est une femme sous un drap, le visage est en partie découvert. On comprend à l'élégant plissé du drap protecteur que ce n'est pas un cocon, ni une matrice, plutôt une armure habillée de sillons ésotériques difficiles à décoder. La femme dort. Elle attend qu'on la comprenne et qu'on arrache le drap. Elle semble penser que personne n'aura jamais ce courage.
Elle est belle VAEA. Ses longues jambes, sa taille fine, ses yeux pers, captivants, son buste d'androgyne sont la preuve que la beauté se marie fort bien au talent, au courage et à l'intelligence.
Je rêve d'un jour où j'aurais une grande maison. Et dans cette maison un mur. Et sur ce mur le tableau d'un peintre célèbre. Et mes amis me diraient, impressionnés : "C'est un Vaea ?"
Roger VADIM - Tahiti, 1985
TEXTE DE ROGER VADIM PARU EN 1985Roger Vadim, VaeaVanessa - Paris - 1977 - Huile sur toile - 92x73 cmLe regard du temps ou à Gaugin, à mon père - Tahiti - 1978 - Huile sur Toile - 73x60 cmLes Immémoriaux - Paris - 1981 - Huile sur toile - 146x114 cmLe masque de l'Echaudé - Paris - 1981 - Huile sur toile - 92x73 cmAlcôve - Tahiti - 1973 - Mélange - 44x58 cmBougainvilliers - Moorea - 1974 - Mélange - 44x58 cmLa femme ensevelie - Tahiti - 1978 - Huile sur toile - 75x46 cm


LES NOUVELLES DE TAHITI
LES NOUVELLES de TAHITI (12 juillet 1985)

Première page : Vaea Sylvain : la vie dans les plis
Vaea Sylvain, façons d'endormi, façons d'éveillé
Aujourd'hui à la Librairie Hachette, Vaea Sylvain dédicace l'ouvrage consacré à sa peinture.

Pourquoi emprunter le titre d'un ouvrage d'He