LE FIGARO
LE FIGARO et L'AURORE Paris février 1982

VAEA au pays des merveilles.
Couleurs roucouleuses, dessin très appliqué et peintures du bout du rêve... Tahiti en hiver, c'est tout de même mieux qu'une cure d'oxyde de carbone.
L'aurore est grise et les réveils râpeux. On en a bien besoin, par ces temps qui traînent de regards candides et d'humeur buissonnière. Pourquoi ne pas se donner une féerie dans une bulle de bonheur ?
Alors mettons pour quelques instants l'ennui en quarantaine et découvrons Vaea.
Un univers qui s'ouvre comme une coquille et laisse apparaître des peintures magiques. Des peintures du bout du rêve qui fondent comme un bon petit berlingot acidulé. Voici Tahiti, ses plages aussi belles que la pochette des dépliants du club Méditerranée et ses nymphettes brunettes. Un éclaboussement de lumières pimpantes, de bleus tropicaux, de roses fluos fixés une fois pour toutes par le pinceau méticuleux de Vaea.
Tout est soigné dans les moindres détails : couleurs roucouleuses, dessin très appliqué. Attention les yeux ! La mer éblouit et le paysage donne le vertige comme un verre de punch. C'est kitsch, éthéré et léger, léger.
Le peintre s'invente en permanence, des dimanches jours fériés. On se retrouve en plein air, bien loin des mondes convulsifs. Dans ces tableaux vaguement hyper-réalistes, la peinture en jette comme une belle américaine. Nous butinons aux pays des merveilles. Les scènes de mariage s'enchaînent au repas de famille sous les arbres, un bébé dort dans son berceau, une jeune fille rêve enroulée dans les plis d'un drap... C'est un joli travail, sans aucune prétention et qui s'en tient aux joies de divertir l'œil. Naturellement, ces œuvres sans problèmes se regardent simplement, avec plaisir. Il suffit de les accompagner, le plus librement du monde et le plus innocemment aussi.
Conclusion : si vous aimez rêvasser, si vous avez des rires d'enfant, si vous êtes allergiques aux problèmes de cœur et de plomberie, si vous vous moquez de rater le train de votre génération, la peinture de Vaea vous tend les bras. Vous en sortirez sans remords.
Jean-Marie TASSET
La RondeMara'amu ou l'Homme BlancManuLa femme ensevelie