LA DÉPECHE DE TAHITI (28 avril 1982)

"Pays des Merveilles... Paradis perdus" : des mots qui résonnent particulièrement dans l'œuvre de Vaea. Il y a dans sa palette, tout à la fois le choc de l'inattendu par le dépaysement, le fantastique, le rêve et l'imaginaire. Et puis une audace des compositions qui recule chaque fois un peu plus les codes établis, bouscule la bienséance d'un certain académisme, taille en brèche le conformisme. C'est dire si Vaea n'a pas choisi la facilité ! En abordant les grands problèmes métaphysiques qui la hantent, elle fait route vers l'inconnu. Elle est "en recherche" perpétuelle. Et perpétuellement elle lutte contre ses peurs et ses doutes. Car il n'est pas évident de saisir l'autre côté des êtres et des choses.
Témoin cette grande toile (146 x 114 cm) intitulée "Les Immémoriaux" qui, entre les 5140 autres accrochées au Grand Palais par les 2500 artistes présents, brille d'un éclat tout particulier et révèle, s'il en était besoin, que sous le masque de la naïveté se cache parfois celui de la gravité...

Dominique CHARNAY