MADAME FIGARO
MADAME FIGARO

Vaea : Inclassable.
Avec ses grands yeux clairs, ce teint mat et ce je-ne-sais quoi venu d'ailleurs, Vaea Sylvain aurait bien du mal à dissimuler ses ascendances. Tahitienne de naissance, elle est cosmopolite par essence. Devenue peintre par coup de foudre à l'âge de vingt-deux ans, elle court le monde pour accrocher ses toiles depuis bientôt vingt ans. Définir son style serait une hérésie. Vaea est inclassable. Tantôt petite sœur de Gauguin lorsqu'elle rapporte des îles Sous-le-Vent ces personnages bruns ivres de soleil, tantôt "paysagiste" quand elle saisit la lumière traversant les feuillages touffus... Vaea est changeante et volubile. Elle passe d'un sujet à l'autre, ondule de l'abstrait au figuratif, trempe sa plume dans l'encre ou son pinceau dans la gouache avec la même aisance. Et si le trait change, l'émotion demeure. Hier à Los Angeles, demain à Tahiti, Vaea revient toujours au même point d'ancrage : "J'ai beau partir au bout du monde et déménager sans cesse, c'est à Paris que je me sens le mieux. Ici, tout m'inspire." Impressions furtives, souvenirs ou émotions fortes...
"Les sources sont innombrables. Il suffit de les capter et de les transcrire."
Vaea n'avait pas exposé à Paris depuis 1982. Elle est enfin de retour.

Marie PASCAL, 1990