LES NOUVELLES DE TAHITI (12 février 79)

La une : Vernissage Vaea Sylvain à Papeari. Gauguin aurait aimé y être
Gauguin a regretté de ne pas être là !
Le public tahitien connaissait mal Vaea Sylvain. Quelques articles dans les journaux, une émission de télévision et l'annonce d'un vernissage au diable vauvert ont excité la curiosité des amateurs. On lui faisait une bonne réputation, on lui attribuait beaucoup de talent, mais que ne dit-on pas des artistes, surtout lorsqu'ils sont enfants du pays !
Les œuvres exposées, le choix du cadre - le Musée Gauguin à Papeari, mais aussi les invités de Vaea ont fait de ce vernissage une soirée tout à fait inhabituelle, bien loin des traditionnels cocktails donnés en semblable occasion. Ce fut un régal total.
D'abord l'impact d'une quarantaine d'œuvres, huiles et dessins, aux couleurs vives, jetant des notes fortes et gaies dans la salle Bing. Bleus et verts, acides, glacés même, personnages distants et figés, surgis d'un rêve intérieur inaccessible, avec en prime l'itinéraire de la jeune artiste depuis les gouaches des débuts aux dernières huiles aux tons plus nuancés avec des gris et des bruns doux et chaleureux.
Le public a d'instinct réagi et participé pleinement à cette fête des yeux. Va et vient continuel entre la salle, le bar et la pelouse où l'on s'asseyait par petits groupes pour bavarder et écouter des musiciens qui s'étaient retrouvés : guitare, flûte, harmonica, etc. Enivrements des parfums des couronnes de fleurs et de pichets de punch. Il y avait de bonnes vibrations au Musée Gauguin ce vendredi et Gilles Artur rayonnait de plaisir presque autant que Vaea !
Gauguin a dû se retourner dans sa tombe et regrettait c'est sûr de ne pas être là.

Claude MARERE