LA DEPECHE DE TAHITI
LA DÉPECHE DE TAHITI, (25 avril 1990)

Après huit ans de vagabondage entre Los Angeles, Monte-Carlo, Düsseldorf, San Francisco, toujours ponctués de pointes vers ses deux haltes de prédilection, son Tahiti natal de Paris, plaque tournante et autre source d'inspiration, Vaea vient de battre tous les records d'affluence à la Maison de Tahiti et ses Iles où elle expose sous le parrainage de M. Napoléon Spitz, ministre du Tourisme.
Cette brillante rentrée, après sa première et unique exposition à Paris, en 1982, prouve à la fois l'aisance et la souplesse toujours plus libres de son talent et la fidélité des amis et collectionneurs qui suivent déjà les multiples chemins de ses travaux, parmi lesquels Olivier Stirn, J-M Folon, 0. Bloch-Lainé et R. Topor qui ont prêté des toiles de dates rapprochées mais de caractères divers.
UNE NOUVELLE FACETTE ?
Il semble bien, en effet, que Vaea Puisse travailler comme elle veut,
quand elle veut et passer de la précision de la miniature ou du trompe-l'œil à la composition poétique inspirée de symboles parfois teintés d'ironie, on encore, facette qui semble nouvelle, à la cueillette de rencontres aussi fugitives que les touches transparentes d'une série de petites aquarelles rapportées de Tahiti en 1989. Comble paradoxal de légèreté profonde, à la limite du non-dit, elles peuvent exprimer aussi bien, et dans une même gamme claire, la fantaisie, la gaieté, que la mélancolie, le désarroi ou l'angoisse de quelques silhouettes saisies l'instant d'un seul regard.
LUMIERE ET COULEUR
Vaea nourrit ses couleurs de lumière et de soleil infus. Elle choisit de superbes tons de terre cuite pour des compositions d'un érotisme poétique d'inspiration tahitienne et pour de belles lithographies rejoignant le classique. On pense aux céramiques de Picasso.
Mais ce qui frappe et domine l'ensemble est le rapprochement d'une gamme solaire de rouges-orangés où la vie, circule et de tous les verts et bleus profonds de l'océan ou du bronze. Ainsi pour Ananahi, grande forme féminine cuivrée, lovée dans le trait unique et dépouillé de l'œuf originel entièrement cerné d'un fond sombre. On pense au trait de Matisse.
Pour d'autres toiles, chargées de sens ou de messages à découvrir, comme "Chrise à vide", les deux gammes opposées et complémentaires peuvent se mêler et devenir coulées de métal en fusion, émaux ou cloisonnés, autour d'une tête et d'un regard énigmatiques.
Pour "Taureau et requin en animosité", c'est un éclatement ardent de violence contenue entre couleurs froides et couleurs de sang, mais le regard "vache" du requin est irrésistiblement drôle. Bravo.
UN LIVRE-CATALOGUE
Signé Vaea, intitulé "Tahiti - peinture contemporaine, un bel album présenté par Pierre-Jérôme Stirn, préfacé par Roger Vadim, salué par Paul-Emile Victor, suit la démarche du peintre et de ce qui est déjà une œuvre, "jeune" de dix ans, avec toute sa vivante diversité d'inspiration et d'expression mais aussi toute la force et la fermeté d'un caractère affirmé dès l'origine.
CHALEUREUSE NOTORIÉTÉ
Repérés à grand peine dans la foule du vernissage accueillie par l'état-major de la délégation de Polynésie française, les inconditionnels, Roger Vadim et Roland Topor, déjà nommés. Le cinéaste Robert Enrico, le chanteur Jacques Higelin, la comédienne Danièle Evenou, les écrivains Yvonne Clos, Maurice Bitter, Jacques Chegarray. Les amis de Tahiti, le gouverneur Pierre Angeli et sa fille Dovinia, le général Henrion et Madame, l'amiral Vallaux, M. Granger de Boissel, M. Louis Galtier, Mesdames Louise Peltzer, Paule Laudon, Béatrice Mervin du Bocage.
MM. Jean-Jacques Queyranne, porte-parole du parti socialiste, J-P Jumez, musicien à Radio France, Mme Gladys Say de RFO...
Françoise MARCHAND
Chrise à videTaureau et Requin